|
Les rapports entretenus par les différents
groupes humains avec les insectes sont multiples et complexes.
Cet ouvrage montre comment lhomme appréhende l钒insecte dans
le but de se satisfaire matériellement, psychologiquement
et métaphysiquement, développant ainsi sa connaissance.
Il donne un éclairage original sur la diversité
des approches possibles de ce thème, tout en mettant en avant
les collections du Muséum. Les objets traditionnels qui apparaissent,
illustrant tous les chapitres, sont tout à fait remarquables.
Je suis certain que leur valeur culturelle et la fascination
esthétique quils provoquent vont bouleverser notre esprit
européen et notre logique occidentale.

Scarabée aux ailes déployées
-
Elément de poitrine d'une momie égyptienne.
Lethnoentomologie fut créé en 1964 par L.C.
Wyman et L. Bailey lors dune étude sur les Indiens Navaho
dArizona. Cette discipline fait partie de lethnozoologie,
mot forgé en 1914 par J. Henderson et J.P. Harrington dans
le but de stimuler les études et recherches concernant lutilisation
des animaux chez les Indiens Tewa des grandes plaines américaines.
Nous avons proposé dans Lhomme et lanimal
le plan détude ethnozoologique dun thème animal concernant
les savoirs scientifiques populaires (de la classification
et nomenclature jusquà la documentation locale) qui recouvre
lensemble du rapport de lhomme à lanimal qui sépanouit
en de nombreuses directions. Déjà Linné en 1736 à la suite
de son Systema naturae demandait de collecter les nombreux
usages, les traditions historiques, les superstitions, la
poésie,
La partie concernant lentomophagie et les
insectes utilisés en thérapeutique, est pour le lecteur une
source très riche en connaissances. Nous avons par exemple
étudié en République centrafricaine les insectes comestibles
chez les Isongo dont le savoir démontre leur profonde connaissance
de lécosystème forestier. Leur mode de subsistance est la
chasse et la cueillette, dont celles des chenilles, termites,
sauterelles et autres insectes. En saison des pluies, de véritables
camps sont installés en forêt avec hommes, femmes et enfants,
pour le ramassage et le boucanage des chenilles dAttacides.
Les chenilles sont récoltées, ébouillantées, séchées puis
elles sont transportées au village par les femmes des centaines
de kilogrammes en vue de leur conservation et de leur vente.
Beaucoup dautres exemples sont possibles
et lon ressort que les insectes sont une source incomparable
dune haute valeur énergétique et dune bonne teneur en acides
gras de qualité facilement assimilables. Ces ressources peuvent
être alors dordre économique pour de très nombreuses populations
forestières.
Il faut donc conserver les espèces in situ
et prendre en compte leurs dimensions culturelles. Malheureusement,
les forestiers achètent les forêts (dont certaines essences,
plantes-hôtes des chenilles) pour les exploiter, et ne se
préoccupent guère des populations qui y vivent depuis des
siècles de chasses et de cueillettes.
Comment ne pas être séduit par cet ouvrage
et ses matériaux inédits et originaux ainsi que la qualité
des illustrations si variées qui éclairent et enrichissent
ce livre ! Je félicite Caroline Sabah et les autres auteurs,
le Muséum pour cette édition à la fois pédagogique et scientifique
à la por-tée dun très large public.
Raymond Pujol,
Professeur honoraire au Muséum
National d'Histoire Naturelle
|
|

"Des insectes et des
hommes"
Ethnoentomologie
Ouvrage collectif
Photos : collectif
Editeur : EMCC
124 pages - Tarifs : 8 €
A partir de mi-septembre, les ouvrages publiés par le Muséum seront disponibles par correspondance
ou au local d'information
du Musée des Confluences :
86, quai Perrache - 69002 Lyon
|
|

Coccinelle à
sept points et sa colonie de pucerons

Plat de chenilles séchées,
proposées à la vente (Luanshya, Zambie)
|
|