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L'exploitation des carrières de pierre de Cerin
a livré de remarquables fossiles. Périodiquement, en soulevant
les dalles de calcaire, les carriers du XIX siècle découvraient
des empreintes ayant la forme de poissons ou de plantes...
Mais, à cette époque, la paléontologie en est à ses débuts
et ces trouvailles restent méconnues. Ce n'est qu'en 1838
que des géologues lyonnais, dont Victor Thiollière, apprennent
l'existence de ces fossiles et signalent le gisement paléontologique
de Cerin au monde scientifique. Très vite ce gisement acquiert
une réputation internationale, rivalisant même avec celui
de Solnhofen, en Bavière. Aujourd'hui encore, il n'y a guère
que ce gisement et ceux, découverts plus récemment, de Canjuers
(Var) et de Lérida (Espagne) qui puissent être comparés à
Cerin. Les nombreux fossiles recueillis à l'époque de l'exploitation
des carrières sont, bien que datant d'environ 140 millions
d'années, extrêmement bien conservés. Il s'agit surtout de
restes d'animaux marins : des poissons d'une étonnante diversité
allant du requin aux poissons brouteurs de coraux en passant
par les ancêtres de nos clacanthes et autres genres rarissimes
aujourd'hui éteints, des oursins, des étoiles de mer ou comatules,
quelques tortues et autres reptiles aquatiques ainsi que de
rares ammonites. Mais, à côté de ces fossiles témoignant d'une
faune typique des mers tropicales et de récifs coralliens,
le gisement a aussi livré des indices de la végétation qui
couvrait alors les îles ou les atols (fougères arborescentes,
Cycas...). Sans oublier de rarissimes organismes terrestres
: reptiles ancêtres de nos lézards ou des crocodiles. Enfin,
divers animaux ont aussi laissé, comme "imprimées" dans le
calcaire, des traces de leurs activités : pistes de tortues
géantes et, peut-être aussi, de dinosaures sauteurs. En définitive,
le site de Cerin illustre de manière remarquable ce qu'était
une lagune tropicale, il y a 140 millions d'années. Il a été
l'objet, à partir de 1975 et jusqu'à ces dernières années,
de nouvelles recherches (fouilles paléoécologiques) pour lesquelles
le Muséum fut associé à l'Université Claude Bernard - Lyon
I. Avec une série de plus de 1 500 fossiles provenant de ce
gisement, le Muséum possède l'une des plus belles collections
de fossiles de cette époque géologique.
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Échinoderme du groupe des comatules, Solanocrinus
thiollieri, 17x12 cm

Petit crocodilien appartenant à l'espèce
Crocodileimus robustus 47x26 cm
C'est grâce à la
finesse de son grain que le calcaire lithographique
de Cerin a permis une aussi parfaite fossilisation
des organismes qu'il renferme.
photos © Patrick Ageneau
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