Le quart de cercle astronomique mural construit par Jonathan Sisson en 1742 :
Ce quart de cercle permet de mesurer la hauteur des astres (étoiles, planètes) au dessus de l'horizon. Les instruments de ce type étaient utilisés au XVIIIe siècle dans les observatoires astronomiques. Ils seront remplacés progressivement au XIXe par des instruments plus précis.
Cet instrument très précieux a été construit par Jonathan Sisson en 1742.
Il fut livré l’année suivante à l'astronome Charles Le Monnier
(1715-1799), qui l’installa dans son observatoire astronomique privé du
couvent des Capucins (rue Saint-Honoré à Paris). Il l'utilisa pour ses
observations jusqu'en 1751, date à laquelle il le prêta à son étudiant,
Jérôme de Lalande (1732-1807), avec pour mission d'aller accomplir à Berlin
des mesures astrométriques de la plus haute importance. Il s'agissait en
effet de réaliser un programme d’observations de la Lune similaire à celui
que menait Nicolas Louis de la Caille en Afrique du Sud, afin de déterminer
la distance de la Terre à la Lune. Lalande contribua à donner une valeur
très précise de cette distance, ce qui lui permit de se faire reconnaître
comme un scientifique talentueux par la communauté astronomique d'alors.
Au retour de Lalande, le quart de cercle fut rendu à Le Monnier qui s'en
servit jusqu'en 1791. En 1797, l'instrument fut transféré à l'Observatoire
de Paris, où il servit à la détermination astronomique de l'heure jusqu’en
1819. Il sera cédé à la ville de Lyon 20 ans plus tard pour parfaire
l'équipement des astronomes lyonnais. Installé au Lycée Ampère, puis
transféré au Palais Saint-Pierre (1867) et enfin à l'Observatoire de Lyon
(1879), il semble que l'instrument ait été finalement peu utilisé par les
Lyonnais. Peut-être s'agissait-il surtout de conserver un instrument pour
le symbole qu'il représentait, à savoir la précision des observations
astronomiques et le talent des observateurs qui s'en sont servi, comme
Jérôme de Lalande.
Aujourd'hui, l'Observatoire de Lyon nous prête ce bel instrument, afin
qu'il soit exposé dans la future exposition de synthèse intitulée "D'où
venons-nous ?" du Musée des Confluences. Il permettra ainsi d'illustrer une
étape scientifique importante dans la détermination de la distance
Terre-Lune, que les astronomes cherchent encore aujourd'hui à préciser. |
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Jean-Marie Refflé
CID © ADAGP, 2004
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