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Le travail de l'ivoire se pratique en Chine
depuis la plus haute antiquité. Néanmoins, c'est surtout dès
les dynasties Ming (1368-1644) que la production devient abondante,
en raison du développement du commerce maritime. Ce dernier
diffuse en Chine l'ivoire de l'Asie et de l'Afrique. Jusqu'alors,
la Chine s approvisionnait, par voie terrestre, principalement
en Russie: il s'agissait essentiellement d'ivoire fossile
de Sibérie.
À partir du XVIJC siècle, la Chine va exporter
massivement ses ivoires en Europe et ce jusqu'à l'époque moderne.
Il s'agît généralement de statuettes religieuses représentant
Bouddha, la déesse de la miséricorde (Guanyin), des sages
taoïstes et bouddhistes. Mais les sujets profanes sont aussi
traités : personnages de cour, de la vie citadine et paysanne.
Les objets de la vie courante inspirent aussi les ivoiriers
: ustensiles de lettrés (pots à pinceaux, écrans de table,
sceaux...), bibelots. Les pièces les plus typiquement chinoises
restent les statuettes médicales : figurines de femme
couchée nue servant au médecin à faire le diagnostic des maux
de ses patientes. Car il ne convenait pas qu'un homme, fut-il
médecin, touchât le corps d'une femme. Cette production, qui
s'est poursuivie jusqu'à l'époque contemporaine, répondait
à la demande d'un marché non seulement occidental, mais aussi
asiatique.
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Statuette médicale : ivoire, dynastie Qing
(1644-1911), longueur : 14 cm.
photo © Patrick
Ageneau
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