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Quentin TIKILOTHS -T'es dans ton monde, papy ? -Ton secret, mais
quel secret ? -C'était en l'an
1940. J'étais encore assez inexpérimenté dans l'art de la fouille archéologique.
A cette époque, je navais que 23 ans. -Mais dis, grand-père,
répliqua Bruno, tu faisais quoi exactement comme métier ? -Et bien, j'étais
archéologue, répondit le grand-père, Louis Toutenkarton. On m’appelait
Louis Pharaon, à cause de mon nom. Bien, maintenant, puis-je commencer
mon histoire? -Oui ! répondirent
en choeur les enfants, impatients de connaître le secret de leur grand-père. -D'accord. Le groupe
des archéologues et moi venions d'accoster en Afrique, plus précisément
en Mauritanie, tout près du Sahara. En effet, une fouille avait abouti
à un trésor superbe, enterré à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie.
Comment se faisait-il que le pays des Tikiloths, où était enfoui le
trésor n'ait jamais été découvert? Je serais le seul à avoir la réponse
à cette question...
Durant notre voyage, beaucoup
moururent, peu survécurent, plusieurs renoncèrent : en effet il ne se
passait pas un jour sans qu'une lance ou une flèche empoisonnée ne vienne
frapper un de mes compagnons en pleine nuque. Bien sûr, avec nos fusils,
nous pouvions nous défendre, mais nous intervenions toujours trop tard
pour sauver nos amis, morts sur le coup. Ainsi, sur une centaine de
partants, nous n'étions plus que trente quand nous pénétrâmes dans le
désert. En raison de cette hostilité, nous songions que plus qu'un trésor,
plus même qu'une sépulture royale y était enfoui. Non, nous pensions
à un sanctuaire, au sanctuaire des masques, les divinités créatrices,
protectrices de cette civilisation inconnue qu'était celle des Tikiloths.
Les masques dont on dit que les pouvoirs égaleraient ceux de tous les
dieux antiques d'Occident réunis...Les masques dont on dit que leur
regard vous envoie à Shambala, la ville des morts dans la religion Tîkîloth.
Les masques dont on dit que tout peuple qui les vénérerait connaîtrait
gloire et prospérité... Si notre intuition s'avérait bonne, alors ce
serait la plus grande découverte depuis cent ans, alors à nous la gloire
!
Quelques jours après, nous
étions assoiffés, à bout de force et perdus lorsqu'une caravane passa.
Je l'interpellai et, répondant à mon appel, le chef fit signe à sa tribu
de s'arrêter et il vint vers moi. Ne parlant pas sa langue, je lui fis
comprendre que nous avions soif et il nous donna cinq gourdes pleines.
Je lui demandai s'il avait vu des archéologues en lui dessinant un campement.
Pour toute réponse, il me dessina à son tour dix tombes alignées dans
le sable ! Je n'en revins pas...
Après une journée de marche,
nous touchions au but. Déjà nous sentions l'odeur de la richesse, de
l'apogée d'un empire magnifique. Je disais à Carter, un scientifique,
d'avancer avec prudence. Alors à peine avais-je fini ma phrase que le
sol se mit à trembler sous nos pieds et dévoila une immense faille de
deux cent mètres de haut. Si nous restions ici, nous étions engloutis
par la terre ! Ce fut alors la panique générale : nous courrions dans
toutes les directions, tels des animaux fuyant devant le feu, évitions
les obstacles, nous cachions derrière d'énormes et majestueuses dunes
ensablées...La faille, elle, avançait à une vitesse hallucinante, ravageait
tout ce qui se trouvait sur son passage, séparait les archéologues qui
se mettaient à l'abri du mieux qu'ils le pouvaient. J'avais réussi à
m'abriter derrière une dune haute de vingt mètres. Tous les archéologues
ayant trouvé un abri, nous avons laissé passer une dizaine de minutes,
puis nous sommes allés examiner l'origine de la faille, un gouffre béant
de cinq mètres de profondeur. Alors, nous nous arrêtâmes, frappés de
stupeur : nous avions réussi, le trésor se trouvait en dessous de nous
!
Nous commençâmes donc les
fouilles, n'interrompant notre travail que pour dîner puis profiter
d'un sommeil bien mérité au campement. Le lendemain matin au réveil,
j'eus l'impression que des haltères lourdes de deux tonnes chacune tombaient
dans les mains : Carter et les autres me proposaient de piller le trésor
! Si je refusais, on me retrouverait avec vingt balles dans le corps
! Je fus bien obligé de dire oui... -« Allez les gars, on
va s'en mettre plein les poches, dit Carter. Alors, comme poussé par une
force intérieure, je m'interpose entre lui et le trésor, braque mon
arme sur lui et lui dis : -« II faudra passer
sur mon corps, d'abord ! -« Ca ne sera pas un
problème. Prêt a mourir ?
A ce moment, je me sens comme
un condamné à mort enchaîné au poteau d'exécution. Ca y est, les balles
sortent, elles fusent. Je ferme les yeux et…Rien ! Je vois les balles
arrêtées en l'air, elles tombent sur le sol ! Alors de la fumée bleue
jaillit du sable, enveloppant les traîtres. Quelques minutes plus tard,
la fumée se dissipe. Je vois alors avec horreur vingt croix de bois
alignées sur la dune. Devant moi, un être de petite taille, avec un
corps entièrement caché par sa tête, d'où sort deux petites jambes et
deux petits bras s'avance. Pourquoi ai-je été épargné? -« Ton coeur est bon,
dit- il. Oui, je sais aussi lire dans les pensées. -« Mais enfin, qui êtes-vous
? demandai-je. -« Je n'ai pas besoin
de te le dire, ton coeur le sait, niais tu n'oses pas le savoir car
tu as peur. Au fait, beaucoup de gens avaient découvert le pays des
Tikiloths avant toi, mais ils sont tous morts, comme tes anciens compagnons.
Je t'offre le trésor, fais-en ce que tu veux. Adieu, dit-il et il disparut.
-« Voila mon secret les
enfants, j'ai été sauvé par un dieu ! J'ai donné le trésor à des archéologues
qui l'ont examiné. Ils y ont trouvé différentes superbes sculptures,
ils ont déduit que c'étaient des offrandes aux dieux ; ils ont en effet
trouvé de magnifiques masques en or... Malheureusement, personne n'a
jamais voulu croire mon histoire. Et vous ?... |